E-PORTRAIT

Psychologue - Spécialisée en Neuropsychologie

Amaya Saenz

Amaya Saenz, vous êtes psychologue spécialisée en neuropsychologie. Quel est votre parcours universitaire ?

J’ai suivi des études de Psychologie à l’Université de Reims (2004-2009). La discipline y est abordée dans toute sa diversité les trois premières années avant qu’il nous soit demandé de choisir des axes d’orientation. Ce n’est que tardivement, grâce à un stage en Master I, que j’ai découvert la "vraie neuropsychologie", celle de terrain, celle qui aide, qui agit et qui ne peut être décrite par des mots comme ceux que l’on trouve dans les manuels universitaires. Cette expérience a constitué un véritable déclencheur, d’autant qu’à l’époque, la neuropsychologie en tant que telle était peu enseignée. La discipline était encore récente mais surtout en plein essor. Une dimension de plus qui n’a fait que renforcer mon attrait pour cette spécialité.

 

J’ai ainsi obtenu le titre de Psychologue en 2009 à l’issue d’un Master 2 "Psychologie des perturbations cognitives : clinique de l'enfant et de l'adulte" puis de Docteur en psychologie en 2014 (Université de Lille) à l’issue d’un travail de thèse sur la sclérose en Plaques.

Vous avez ensuite toujours exercé à l'Hôpital ?

Je dirais même que je n’ai quasiment rencontré et pratiqué la neuropsychologie qu’à travers le monde hospitalier, qu’il s’agisse de stages ou d’expériences professionnelles. J'ai commencé à exercer au CHU de Reims (Neurologie générale adulte) en 2012 avec une activité principalement consacrée à la maladie de Parkinson et syndromes apparentés. J’effectuais des bilans neuropsychologiques à visée diagnostique et/ou fonctionnelle en tant que "neuropsychologue".

 

Dans le même temps, j’ai intégré en tant que ‘psychologue clinicienne’ une équipe pluridisciplinaire dédiée au développement d’un projet d’éducation thérapeutique auprès de patients parkinsoniens et de leurs aidants. « Porter cette double casquette » a été l’opportunité de m’épanouir davantage sur le plan professionnel. Ceci est d’autant plus vrai que mon activité en neuropsychologie s’est étendue depuis plusieurs années maintenant à d’autres populations neurologiques (maladies neuro-dégénératives, AVC, …) et problématiques.

 

Parallèlement, nous poursuivons toujours avec mon équipe un objectif de prise en charge globale de la maladie de Parkinson, à travers la création d'ateliers d'informations et d'accompagnement pour les malades et leurs aidants.

 

En 2018, vous avez ouvert votre cabinet en libéral en complément de votre activité hospitalière. Pourquoi ?

La pratique libérale ouvre d’autres perspectives que celles apportées par une structure hospitalière. Tout d’abord, le réseau de soins est moins balisé. Les patients consultent le plus souvent en libéral de leur propre chef et non plus à la demande de neurologues/médecins…. De ce fait, la démarche clinique du neuropsychologue est toute autre. Il s’agit notamment d’apporter des réponses à des questionnements personnels sur leur fonctionnement intellectuel ou dans le cadre d’une plainte cognitive. Le contexte n’est d’ailleurs pas nécessairement neurologique, il peut aussi être psychologique ou s’inscrire au sein d’un développement particulier.

 

Par ailleurs, mon choix d’ouvrir mon cabinet a été motivé par le fait de pouvoir proposer une prise en charge en rééducation cognitive. Cette offre de soins est peu développée en neuropsychologie adulte en dehors des structures de soin dédiées.

 

Que préférez-vous dans votre métier ?

Quand cela est possible, j’apprécie particulièrement de suivre et/ou accompagner les patients au-delà du bilan neuropsychologique et de l’aide diagnostique sollicitée par les médecins. Il s’agit d’orienter les patients vers une prise en charge adaptée et de les accompagner dans cette démarche. Obtenir également des retours a posteriori offre des questionnements constructifs indispensables à une bonne pratique.