E-PORTRAIT

Hypnothérapeute

Antoine Menet

Antoine Menet, quel est votre parcours ?
 

Ma formation au départ n’est pas du tout dans le domaine de l’hypnothérapie ! J’ai une licence en droit et un master en économie. J’ai d’abord travaillé dans ces domaines avant de devenir hypnothérapeute.

 

Vous êtes hypnothérapeute depuis 2011. Comment avez-vous découvert cette pratique ? Quelles sont les motivations de votre lancement ?
 

J’ai découvert l’hypnose... dans mes cours de droit ! J’y ai appris en effet qu’en France, nous n’avons pas le droit d’interroger un suspect sous hypnose. Cela m’a vraiment interpellé et j’ai commencé à m’intéresser à cette discipline. Je me suis demandé si l’hypnose pouvait m’aider à apprendre mes cours, et cela a marché ! J’ai donc d’abord découvert l’auto-hypnose, que je pratiquais avant mes examens.
 

Je me suis souvenu ensuite que mon ancien professeur de karaté avait eu recours à l’hypnose pour préparer un de ses élèves à la compétition. Je l’ai contacté et il m’a accueilli lors d’une séance mais a tenu à entretenir le mystère. Je l’ai regardé faire, et il m’a laissé repartir sans un mot de plus. C’est à ce moment que je me suis vraiment documenté de manière très poussée sur l’hypnose, impressionné par ses effets. J'ai découvert qu’en Angleterre, il existait des « hypnotiseurs de rue », et j'ai alors décidé de m'exercer dans les rues de Paris, où j'habitais à l'époque, avec d’autres amis hypnotiseurs.
 

Ensuite, le bouche à oreille a véritablement fonctionné et j’ai commencé à prendre en charge avec succès mes amis, les amis de mes amis... Jusqu'à décider de me lancer, et d'intégrer une école d’hypnose pour suivre et valider ma formation.

 

En tant que praticien, comment vivez-vous votre métier ?
 

Humainement, c’est génial. Tous les jours, j’ai la preuve que chacun a en soi les clefs pour vivre de manière positive et franchir les obstacles. Richesses des situations, des questionnements, des modes de vies... Je rencontre des combats intérieurs très divers au quotidien. C’est vraiment une passion qui est devenue une profession !

 

Si vous deviez résumer l’hypnothérapie en 3 expressions ?
 

Communication. (silence). Champ des possibles. (silence). Construction.

 

Quelle est votre plus belle expérience ?
 

C'était à un salon où j'exposais pour présenter mon cabinet. C'était un samedi gris et pluvieux. Une dame arrive, je lui propose de découvrir l'hypnose en direct, avec une mini-séance. Elle accepte. On entame le voyage, mais elle ré-ouvre les yeux rapidement : elle venait d'avoir un souvenir un peu triste à l'esprit. Je l'accompagne alors dans ce souvenir, triste, mais beau. En y retournant, elle y retrouve de plus en plus de beauté et pas à pas, elle fait la paix avec la tristesse de son histoire. Elle ré-ouvre à nouveau les yeux, avec cette fois-ci un immense sourire. Elle me remercie, et me dit qu'elle a décidé de ne pas visiter la suite du salon. « Je vais me promener, me dit-elle doucement, profiter de la beauté de la pluie ».

Et elle est partie en souriant.

Quelle est votre spécialité ? A qui vous adressez-vous en particulier ?
 

Mes clients ont tous des raisons différentes de consulter : troubles du sommeil, troubles du comportement alimentaire, manifestations dérangeantes du stress et de l'anxiété, colopathie fonctionnelle, gestion du changement dans leur vie...

En lien avec le monde médical, je travaille avec des services hospitaliers notamment sur la gestion de douleurs non opérables, ou des douleurs chroniques (migraines chroniques, fibromyalgie, douleurs post-opératoires...).
 

Avec des associations je travaille par exemple sur la gestion de la douleur liée à l'endométriose, ou encore sur le développement de la qualité de vie de personnes atteintes du cancer (gestion du stress et des émotions, apprentissage de l'auto-hypnose...).
 

Dans le milieu médico-social, je forme le personnel à l'hypnose conversationnelle pour mieux appréhender la relation à la personne âgée, et mieux gérer les difficultés d'un métier souvent éprouvant.
 

Une de mes particularités c’est la préparation mentale des sportifs. Pour apprendre notamment à gérer le stress ou les émotions avant une compétition, l'hypnose permet de mettre toutes les chances de son côté et d'augmenter ses performances.

 

Comment l’hypnose entre-elle dans le parcours médical d’un patient ? En quoi cette pratique est-elle complémentaire à la médecine traditionnelle ?
 

L'hypnose peut être un atout dans toutes les étapes du parcours de soin d’un patient. C'est un outil qui permet de diminuer les appréhensions avant un traitement, et qui aide le patient à s'impliquer plus sereinement dans son parcours.
 

Aujourd'hui l'hypnose est de plus en plus utilisée pour aider à gérer la douleur aiguë, pour des actes légers comme pour des interventions plus complexes. Il a été prouvé que l’hypnose apportait une meilleure qualité de réveil après une opération, une hospitalisation moins longue et permettait de manière générale aux patients d'être moins angoissés.
 

En accompagnement sur le long terme, on enseigne également des techniques pour apprendre l'auto-gestion de la douleur ou pour aider les personnes en traitement à améliorer leur qualité de vie (sommeil, alimentation, confiance en soi). L'hypnose est déjà très présente dans les soins de supports proposés aux patients atteints du cancer.
 

La formation des aidants (médicaux, soignants, sociaux ou familiaux) aux outils de communication de l'hypnose et à l'auto-hypnose entre enfin dans une démarche efficace d'aide à l'aidant.

 

Concrètement, que peut apporter votre formation aux professionnels de santé ?
 

Il y a deux grandes thématiques dans cette formation sur l'hypnose et la douleur aiguë.

La première concerne l'application de l'hypnose pour diminuer la douleur d'un geste douloureux : vaccin, manipulation, changement de pansement, détartrage pour un dentiste... Cette formation permet d'apprendre des outils concrets pour gérer l'état émotionnel de la personne et diminuer la douleur ressentie. Pour la personne formée, cela lui permet de proposer une meilleure expérience de soin au patient tout en bénéficiant d'un meilleur confort de travail.
 

La seconde thématique concerne la préparation du patient à une opération sous hypnose. Il s'agit d'utiliser les techniques de l'hypnose pour diminuer le stress et l'anxiété et préparer le cerveau à mieux gérer la douleur liée à l'opération. Ce cours reste une introduction à l'hypnose et à la douleur, mais il permet de renforcer le sentiment de sécurité du patient et forme à des techniques concrètes et directement applicables pour préparer à l'acte opératoire.
 

Le déroulé de la formation veille à un apprentissage croissant des techniques, et délivre des fiches pratiques pour permettre une mise en application directe. Des techniques plus avancées sont aussi abordées : on retrouve l'auto-hypnose ou encore l'hypnose conversationnelle.

 

Pour la médecine et les soins de ville comme pour l'activité en milieu hospitalier, c'est une première formation riche et pratique, qui permet à la personne formée de faire de l'hypnose un véritable atout dans la qualité du parcours de soin de ses patients.